
Longtemps présentée comme une alternative plus calme et plus précise à la chasse en battue, la chasse à l’affût fait aujourd’hui l’objet de critiques grandissantes en Suisse. Plusieurs associations de protection animale et spécialistes du sujet dénoncent une pratique bien plus complexe et controversée qu’elle ne paraît, notamment en raison des risques liés aux tirs nocturnes, aux animaux blessés et à l’utilisation croissante de technologies de chasse avancées.
La chasse à l’affût consiste généralement à attendre pendant plusieurs heures depuis un mirador ou une plateforme dissimulée afin de tirer sur un animal lorsqu’il se présente à portée. Cette méthode est souvent pratiquée au crépuscule ou durant la nuit, des conditions qui compliquent fortement la visibilité et augmentent les risques d’erreurs de tir.
Selon plusieurs données relayées par des organismes suisses de protection animale, une part importante des animaux blessés lors de ces chasses ne serait jamais retrouvée. Les estimations évoquent des taux de réussite des recherches variant entre 35 % et 65 % selon les cantons. Cela signifie qu’un grand nombre d’animaux touchés par balle peuvent mourir lentement sans être récupérés.
Le développement de nouvelles technologies suscite également des inquiétudes. Caméras thermiques, dispositifs de vision nocturne et silencieux sont désormais utilisés par certains chasseurs pour améliorer leur efficacité. Mais plusieurs experts estiment que ces équipements peuvent aussi favoriser des tirs plus risqués, notamment lorsque les conditions de visibilité restent insuffisantes.
Autre sujet sensible : les miradors installés dans certaines forêts suisses. Plusieurs enquêtes pointent l’existence de nombreuses structures non autorisées, parfois anciennes ou dégradées, qui poseraient aussi des questions de sécurité pour le public. Face à ces critiques, plusieurs organisations réclament désormais un encadrement plus strict de la chasse à l’affût, avec davantage de contrôles, de transparence et de règles de sécurité renforcées.