Chasse à l’alouette : une décision du Conseil d’État relance la bataille entre chasseurs et défenseurs des oiseaux

La chasse traditionnelle à l’alouette des champs pourrait faire son retour dans le sud-ouest de la France. Vendredi 2 octobre, le Conseil d’État a rejeté les recours déposés par plusieurs associations de protection animale contre l’utilisation de filets pour capturer ces oiseaux. C’est une décision qui marque un changement important dans un dossier controversé depuis plusieurs années.

Cette pratique, appelée chasse aux pantes, consiste à attirer les alouettes vers des filets disposés au sol ou dans les arbres. Elle concerne principalement quatre départements : la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. Jusqu’ici, la justice administrative avait régulièrement remis en cause cette méthode, notamment en raison des risques de capture d’autres espèces.

Cette fois, les expérimentations réalisées en 2023 et 2024 ont conduit le Conseil d’État à une appréciation différente. La juridiction considère que les conditions prévues pour la saison 2025-2026, avec un plafond de 98 700 alouettes, respectent les exigences de sélectivité et de conservation. Mais cette décision suscite une vive opposition chez les défenseurs de la biodiversité.

Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), conteste notamment la portée des études utilisées pour justifier ces autorisations. Il estime que les conclusions scientifiques ne permettent pas de garantir suffisamment la protection des oiseaux. L’association prévoit désormais de porter le dossier devant les instances européennes.

La controverse intervient dans un contexte préoccupant pour l’alouette des champs. En France, sa population aurait diminué d’environ 30 % en trois décennies. Entre préservation des traditions cynégétiques et protection d’une espèce en déclin, cette décision judiciaire pourrait ainsi ouvrir un nouveau chapitre d’un conflit environnemental loin d’être terminé.