
La sécheresse qui frappe la Normandie ravive les tensions autour de l’ouverture de la chasse au gibier d’eau. Alors que la saison a débuté le 1er août sur le domaine public maritime, elle doit s’étendre à partir du 21 août aux rivières, étangs et marais situés à l’intérieur des terres. Plusieurs associations environnementales demandent pourtant aux autorités de reporter cette échéance.
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Normandie et SOS Estuaire redoutent notamment les conséquences de la diminution des points d’eau. Selon leurs responsables, l’assèchement des mares et des étangs oblige les oiseaux à se regrouper dans les rares zones encore accessibles, ce qui pourrait les rendre particulièrement vulnérables lors de l’ouverture de la chasse.
Les associations soulignent également l’état de fragilité de certaines populations. Le manque d’eau et de nourriture provoquerait déshydratation et épuisement chez plusieurs espèces. Dans ces conditions, elles estiment que les tirs ajouteraient une pression supplémentaire à une mortalité déjà accentuée par les épisodes de chaleur.
Pour le moment, la préfecture de l’Eure n’envisage pas de modifier le calendrier. La Seine-Maritime n’avait, de son côté, pas encore communiqué de décision au moment des déclarations des associations.
Les défenseurs de l’environnement dénoncent une situation qu’ils jugent incohérente avec les autres mesures prises pendant les périodes de sécheresse. Restrictions d’eau, limitations de certains usages ou contraintes imposées à plusieurs activités économiques se multiplient, tandis que la chasse au gibier d’eau reste autorisée.