Chasse : une bâche de 1,7 km au cœur de la polémique dans la forêt de Dreux

À Saint-Georges-Motel (Eure), la forêt de Dreux est devenue le théâtre d’un vif débat entre chasseurs, riverains et associations de protection animale. Le samedi 14 février, près de 150 personnes se sont réunies pour discuter de l’installation d’une bâche verte de 1,7 kilomètre par un équipage de chasse à courre, le Normand Piqu’Hardi. Ce dispositif, autorisé à titre expérimental par l’Office national des forêts et validé par l’Office français de la biodiversité, vise à prévenir les incursions de cerfs dans les zones habitées.

Pour les opposants, cette toile de paillage de trois mètres de hauteur constitue un piège pour les animaux. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des cerfs hésitants face à la bâche, renforçant le sentiment que le dispositif dénature la forêt et perturbe sa faune. Les habitants dénoncent également l’impact visuel et environnemental, la pollution occasionnée par les filaments et la coupe d’arbres nécessaires à l’installation.

Du côté des chasseurs, l’objectif est sécuritaire : éviter que les cerfs poursuivis par les chiens n’arrivent dans les villages. Benoît Dulac, maître d’équipage, assure que les animaux peuvent contourner la bâche et que celle-ci n’est pas conçue pour capturer. La présence de caméras pour surveiller le dispositif a ajouté à la tension, certains habitants voyant là une forme de vidéosurveillance excessive.

Au-delà de cette expérimentation, la réunion a mis en lumière des questions plus larges : le partage de la forêt, la légitimité de la chasse à courre et l’équilibre entre sécurité humaine et respect de la faune. Le débat reste vif, illustrant les difficultés à concilier traditions locales, protection de la nature et préoccupations des riverains.